[AdGate] Free prêt à retirer la configuration par défaut de son application anti-pub

(via @Les Echos) par Solveig Godeluck

L’Internet français est en feu et, ce matin, Fleur Pellerin joue au pompier. En effet, la ministre déléguée au Numérique reçoit à Bercy le protagonistes de l’affaire dite « Adgate » : éditeurs de services en ligne (Spiil, Geste), régies publicitaires (SRI, UDA) et bien sûr Free. Ce « scandale de la publicité » a commencé jeudi soir, lorsque le fournisseur d’accès à Internet a instauré un blocage par défaut des bannières publicitaires sur sa Freebox Révolution.Un coup de Trafalgar pour les professionnels qui vivent de la publicité en ligne, car 5 millions de foyers sont clients de Free. Au-delà de la remise en cause de certains modèles économiques, cette innovation crée un aléa juridique. En effet, un opérateur télécoms qui s’était toujours refusé à filtrer les contenus a priori et sans qu’un juge l’exige entreprend de le faire de son plein gré… au risque d’exciter les censeurs de tout poil. Bloquer la publicité n’est donc pas une décision qu’un opérateur télécoms peut prendre à la légère ; c’est pourquoi Free a rassuré le gouvernement en promettant de retirer la configuration par défaut de son application anti-pub, lundi ou dans les jours qui suivent.

Coup de force

Free n’a rien contre la publicité. L’opérateur lui-même gagne quelques millions d’euros par an grâce à sa régie publicitaire interne. En réalité, il poursuit un autre objectif : contraindre Google à payer pour déverser ses contenus vidéo dans son réseau. A la mi-décembre, les équipes des deux entreprises se sont rencontrées. Selon nos informations, Free a soulevé la menace du blocage de la publicité, et exigé qu’un accord soit signé avant Noël. Google est passé outre… si bien que, après quelques débats internes, Free a tiré son coup de canon. Aux yeux de Xavier Niel, le patron de Free, et de son lieutenant, Rani Assaf, qui a la haute main sur le réseau, il n’est plus tolérable que YouTube continue à croître sans que sa maison mère Google achète une interconnexion directe avec Free – seule façon de garantir une vraie qualité de service aux internautes. De son côté, Google fait la sourde oreille. Son modèle économique repose justement sur la gratuité de l’interconnexion avec les opérateurs. Afin d’imposer sa vision, le géant du Net mélange dans le même tuyau son moteur de recherche (dont nul opérateur ne saurait se passer) et YouTube. Toutefois, il sait que ce rapport de forces pourrait changer, et le dit dans son rapport annuel, en évoquant d’éventuelles pertes de revenus et de croissance.

 http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202481936899-publicite-sur-internet-free-calme-le-jeu-dans-sa-fronde-anti-google-525899.php
 
 
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